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...le « Royaume de la Vie Authentique », un grand et puissant Roi, nommé Véritable, qui avait deux filles.

Lainée sappelait Relation Véritable et la plus jeune Communication Véritable.
Les deux jeunes filles étaient très jolies et on les rencontrait toujours ensemble, jouant, chantant, riant, faisant les délices de tous les habitants du Royaume. Elles étaient
inséparables.

Mais, par-dessus tout, les deux princesses communiquaient à chacun leur joie de vivre et leur enthousiasme ! On ne pouvait les approcher sans être aussitôt contaminé par leur bonheur... communicatif ! Elles étaient le soleil du Royaume et tous ceux qui étaient fatigués, affligés, découragés, retrouvaient à leur contact une nouvelle vigueur et une nouvelle espérance.

Un jour, un messager
apporta au Palais du Roi, des nouvelles dun royaume très éloigné appelé le « royaume du mépris distingué ».
Il disait que là-bas, on communiquait dun bout à lautre du royaume, avec des moyens extraordinaires :
téléphones,
mobiles,
fax,
vidéo,
satellites,
télévision,
ordinateurs,
minitel,
multimédia,
Internet,
DVD,
et bien dautres encore, et que les découvertes en ce domaine ne cessaient de se succéder à une vitesse incroyable.

Communication nen croyait pas ses oreilles !
Elle navait jamais entendu de tels propos et ces mots résonnaient en elle dune manière puissante. Elle sentit son coeur battre très fort...
Comment pouvait-elle ignorer plus longtemps de telles merveilles ?
Elle se trouva alors soudainement très misérable et sentit monter en elle une irrésistible envie daller découvrir ces prodigieux moyens de communication qui pourraient sans doute faciliter encore plus la vie des habitants du Royaume de la Vie Authentique...
Communication était folle de joie !


Elle la prit à part et lui dit :


Pour la première fois de sa vie, Communication décida de quitter sa sur quelle trouvait subitement démodée, ridicule et conservatrice.
Le Roi fut du même avis que Relation, mais, voyant lobstination et la détermination de sa fille, il décida, non sans un profond chagrin, de la laisser partir, respectant sa libre volonté.
Après tout, elle était en âge de choisir...


Et cest ainsi, quun beau jour, Communication quitta le Royaume de la Vie Authentique pour se rendre au royaume du mépris distingué.
Les premiers jours de son arrivée furent merveilleux.





Le roi de ce royaume la reçut avec beaucoup dempressement et donna en son honneur une grande fête et un grand festin, en présence de tous ses ministres.
Le ministre de la communication navait dyeux que pour elle !

Elle allait de découverte en découverte et de surprise en surprise.
Le roi lui montra tous les trésors et prouesses techniques que ses ingénieurs et chercheurs avaient mis au point en matière de communications.
Elle nen croyait pas ses yeux !
Elle samusa comme une folle avec les écrans, les claviers, sinitiant à linformatique et à ses multiples applications, communiquant avec les uns et les autres de mille et une manières.
Elle se laissa griser par les prodigieuses inventions quelle découvrait et expérimentait.
Mais comment avait-elle donc pu si longtemps, elle, la princesse Communication, ignorer toutes ces merveilles et vivre sans ces incroyables outils sophistiqués grâce auxquels les hommes pouvaient mieux et plus rapidement communiquer les uns avec les autres ?
Plusieurs jours sécoulèrent ainsi...

Mais plus les jours passaient, plus la féérie des brillantes technologies sestompait, et plus Communication se rendait compte que quelque chose de fondamental faisait cruellement défaut au royaume du mépris distingué.
Les gens se communiquaient certes mutuellement de multiples informations, des données, des messages, et ils pouvaient le faire vite et bien, mais ils avaient seulement oublié de ... « se communiquer » eux-mêmes !
Beaucoup de ceux quelle côtoyait, tant au palais quau cours de ses nombreuses visites autour du royaume, semblaient terriblement seuls, comme sils étaient emprisonnés derrière des murs de protection invisibles qui les empêchaient de vraiment communiquer. Elle ne sy trompait pas !

Communication commença à se sentir de plus en plus mal.
Labsence de sa sur Relation lui pesait lourdement.
Elle se surprenait elle-même à ne plus communiquer comme auparavant, et se demandait si le même « virus » ne lavait pas atteinte.
Elle commença à comprendre que, dans ce royaume, on avait réduit, limité, ramené la communication à
des moyens,
des outils ,
des " techniques ",
des mécanismes déchanges dinformations
comportant des rouages quil suffisait apparemment de remonter pour quils fonctionnent correctement.
Mais on avait hélas vidé la communication
de son essence,
de sa substance,
de ce qui en faisait la grandeur, la beauté et la force :
une Relation Authentique avec autrui !
La communication avait en fait perdu son âme, sa vie !
On lavait remplacée par une pseudo-communication, une communication « en surface », apparente, cest-à-dire une communication sans relation humaine véritable !

La Princesse ne cessait de penser à sa sur Relation et à la merveilleuse harmonie qui existait auparavant entre elles au Royaume de la Vie Authentique.
Plus elle y pensait, et plus elle comparait avec ce quelle vivait ici, au royaume du mépris distingué, plus elle se sentait mal et en souffrait.
Cétait comme si on lavait amputée dune partie vitale delle-même.
Elle aurait tellement voulu embrasser sa sur et son père avec qui elle avait été si injuste !
Elle découvrait avec stupéfaction que les relations mutuelles des habitants de ce royaume, étaient le plus souvent superficielles et empreintes dégoïsme, de méfiance, de préjugés, dindifférence et que lagressivité y était même omniprésente.
Les gens passaient un temps fou, dans leurs entreprises surtout, à se réunir et à discuter pour tenter de se comprendre, car leurs propos étaient souvent déformés, ambigus, mal interprétés. Et ce, tout simplement parce quils ne sécoutaient presque pas !

Pour essayer de mieux le comprendre, elle passa et repassa alors dans son cur tout ce quelle avait appris de son père au Royaume de la Vie Authentique, et ce quelle y avait elle-même vécu...

Ses habitants étaient vraiment au service les uns des autres, car le service imprégnait toutes leurs pensées, leurs paroles et leurs actes.
Elle se souvenait des paroles quelle apprenait déjà quand elle nétait encore quune toute petite fille, paroles qui étaient inscrites sur la Charte du Royaume et gravées dans son cur, telles que :
« Que le plus grand parmi vous soit comme le plus petit,
et que celui qui gouverne soit comme celui qui sert. »
« Rendez-vous par Amour serviteurs les uns des autres. »
« Que chacun de vous mette au service des autres le don quil a reçu. »
Et tant dautres encore !
La Devise du Royaume, inscrite en lettres dor sur le fronton du palais était la suivante :
Oh ! Combien son Père lui avait donné un vivant exemple de ce cur de Serviteur !
Il cherchait sans cesse le bien-être, lépanouissement, le bonheur de ses sujets et régnait sur eux, non en maître dur et tyrannique, mais en les servant au contraire Lui-même avec dévouement.
Et cela, parce quIl les aimait réellement et profondément, et les habitants le Lui rendaient bien !

Ici, au royaume du mépris distingué, Communication découvrait de plus en plus, les larmes aux yeux, que lesprit qui animait les hommes était un esprit
de domination,
de rivalité,
de supériorité,
de compétition,
de performance à nimporte quel prix,
darrogance,
dorgueil,
davidité,
denvie,
de jalousie...
Oh ! Certes, on y parlait aussi de « service » et de « qualité de service » et on y citait même des valeurs en apparence semblables à celles du Royaume de la Vie Authentique.
Mais, le cur déchiré, elle constatait hélas que les actes de tous les jours démentaient bien souvent les belles paroles !

On y avait même construit toutes sortes dédifices religieux pour que les habitants puissent entendre ces belles paroles, mais beaucoup dentre eux semblaient souffrir damnésie, puisquils oubliaient à la sortie des offices, de vivre ce quils avaient entendu !
Décidément, les habitants de ce royaume étaient vraiment déroutants pour Communication ! Ils parlaient beaucoup, ils disaient, mais ne faisaient pas !

Communication se demandait même parfois sils avaient encore des yeux pour se voir, et des oreilles pour sentendre, tant ils étaient devenus semblables aux machines et appareils quils avaient fabriqués !
Pourtant, ils étaient parfois capables, dans les « coups durs », dactes merveilleux de générosité et de solidarité, mais retournaient bien vite à leurs comportements habituels dès que tout allait bien.

De multiples questions assaillaient lesprit de Communication, comme autant dénigmes insolubles.

Alors, pour tenter dy répondre, elle se mit à penser et repenser à ses SEPT AMIS, les fidèles serviteurs qui se tenaient constamment au service de tous les habitants du Royaume de la Vie Authentique.
Chacun dentre eux portait sur son habit, une grande lettre brodée de fils dor.
Cette lettre était la première de son nom.
En effet, la mission de ces serviteurs était de rappeler en permanence aux habitants la Devise du Royaume et dêtre comme une lumière sur leur chemin :
Ainsi, quand les sept Serviteurs se tenaient côte à côte, on pouvait voir apparaître le mot :
S-E-R-V-I-C-E

1.Sourire fut ainsi le premier ami auquel elle songea.
Au Royaume de la Vie Authentique, Sourire rappelait à chacun :
Chacun, quil soit petit ou grand, se sentait toujours et partout bien reçu et bien accueilli.
On était littéralement le ou la « bienvenu(e) » et cet accueil sextériorisait dabord tout naturellement par un sourire sincère et chaleureux.
Ce sourire venait tout droit du cur et exprimait la joie sincère quon éprouvait à se trouver en présence dautrui, simplement parce quil était aussi un être humain, comme soi-même, et quon était heureux de le rencontrer et davoir ainsi lopportunité et la joie de le servir.
Ce sourire se voyait, sentendait même et surtout se ressentait !
Sourire était accompagné de ses amies :
Courtoisie,
Amabilité,
Bienveillance,
Gentillesse,
Bonne humeur,
Politesse,
qui exprimaient toujours des paroles agréables à entendre.
Sourire était toujours prêt à servir celui ou celle qui ne pouvait pas ou plus sourire, justement parce que nul nen avait plus besoin que lui ou elle.

Certes, au royaume du mépris distingué, Communication avait bien rencontré quelques sourires, mais beaucoup en étaient absents, et bien dautres superficiels ou hypocrites.
Ainsi en était-il des affiches publicitaires qui en étaient remplies, tous plus beaux les uns que les autres ; à les regarder, on aurait parié que le bonheur remplissait les curs de tous les habitants ! Mais la réalité était bien différente.
Communication en avait reçu beaucoup de la part de vendeurs et autres personnes qui espéraient obtenir quelque chose delle en retour. Le ministre de la communication lui-même ne cessait de lui sourire, la trouvant très jolie et ne manquant pas de le lui dire !
Mais quand elle avait parlé du véritable Sourire, de celui qui soffre gratuitement, sans calcul, on sétait souvent moqué delle, la traitant de naïve, de faible ou didéaliste, inconsciente de la réalité du monde des affaires.
On lui avait dit que ce sourire là convenait à la rigueur pour des uvres charitables, pour encourager les pauvres et les opprimés, mais certainement pas dans la jungle dure et sans pitié du « business » dans laquelle il fallait se battre pour sen sortir et où lhomme était un loup pour l'homme.
Le comble, cest que dans ce monde de loups, ce même homme avait doté les appareils et machines automatiques quil avait créés, de voix humaines douces et agréables, souvent même bien plus agréables que la plupart des voix réelles que Communication avait pu entendre !
On aurait dit que la vie avait quitté les hommes de ce royaume pour animer des images sur de multiples écrans, et que ces hommes savaient mieux communiquer avec les machines que les uns avec les autres.
Comment, dans un tel climat, Communication véritable aurait-elle pu rester longtemps en bonne santé ?

2. Écoute, sa patiente amie, se présenta ensuite à son esprit.
Au Royaume de la Vie Authentique, Écoute enseignait à chacun :
Chacun se sentait réellement écouté et compris.
Car, en écoutant, on pouvait entendre ; entendre non seulement ce que disaient les autres, mais aussi ce quils disaient mal ou ne disaient pas, mais surtout entendre ce quils voulaient vraiment dire.
Et en entendant, on pouvait mieux sentendre, cest-à-dire se comprendre.
Écoute rappelait que pour bien écouter, il fallait dabord vouloir vraiment « recevoir », cest-à-dire accueillir la pensée dautrui pour bien la comprendre et donc pour bien LE comprendre lui-même.
Cela exigeait de se rendre véritablement disponible et de lui accorder toute son attention, en considérant que ce quil avait à dire était très important POUR LUI, même si, à nos yeux, cela pouvait sembler insignifiant.
Cela revenait en fait à lui témoigner une réelle considération.

Écoute avait plusieurs surs, chacune aussi délicieuse quelle-même :
Attention,
Disponibilité,
Présence,
Patience,
Maîtrise de soi.
Au royaume du mépris distingué, Communication avait rencontré une écoute souvent apparente et très superficielle, car les gens étaient pris dans une sorte de tourbillon nommé « toujours plus vite », qui les emportait et ne leur laissait plus ni le temps ni le goût découter vraiment les autres.
Beaucoup vivaient sous une pression constante appelée STRESS, qui entraînait toutes sortes de désordres et de maladies parfois très graves.
Labsence découte réelle et authentique, constituait sans aucun doute lune des causes principales de la solitude, du sentiment de rejet, de lincompréhension, et des multiples malentendus entre les hommes de ce royaume.
Dans les maisons, entre mari et femme, entre parents et enfants, et dans la vie professionnelle, entre collègues, entre fournisseurs et clients, Communication avait maintes fois entendu le même refrain :
Alors, les gens de ce royaume avaient recours à des « oreilles professionnelles » pour écouter ceux qui voulaient exprimer quelque chose.
On les appelait des « Psy », mais hélas, ceux-ci étaient de plus en plus souvent débordés et puis ils avaient eux-mêmes tellement besoin quon les écoute !

3. Respect, son ami si délicat, traversa alors la pensée de Communication.
Au Royaume de la Vie Authentique, Respect exhortait chacun :
Chacun se sentait respecté en tant que personne humaine, cest-à-dire quon vous faisait sentir en pratique quelle valeur infiniment précieuse vous aviez aux yeux des autres.
Cela signifiait quon respectait dabord votre personnalité, quon vous reconnaissait le droit dêtre différent de soi, cest-à-dire davoir un physique différent, un caractère et un tempérament différents, une forme dintelligence différente, des émotions différentes, une volonté différente, un passé et une histoire différents... en un mot, on vous reconnaissait comme un Être unique mais DE MÊME VALEUR que les autres.
Cela voulait dire aussi quon respectait vos opinions, vos points de vue différents concernant telle ou telle chose, personne ou idée.
On vous reconnaissait le droit de penser autrement, sans vous juger ni se placer au-dessus de vous, mais sans pour autant faire dentorse à ses propres convictions.
On respectait aussi votre temps, votre vie, votre liberté... mais on respectait également sa propre parole, même lorsque celle-ci pouvait porter préjudice à soi-même ; ce qui avait été dit avait été dit !
On respectait ses engagements, les délais et conditions annoncés dans les transactions, et tant dautres choses encore...

Respect était toujours accompagné de sa douce fiancée Tolérance qui enseignait aux gens à ne jamais combattre les personnes elles-mêmes, si on ne partageait pas leurs idées, mais à plaider pour ses propres idées dans le respect des autres personnes.
Combien de fois, au royaume du mépris distingué, Communication navait-elle pas été témoin dattitudes et de comportements diamétralement opposés, fondés sur le mépris - souvent déguisé sous des apparences aimables - des autres !
Ces comportements étaient tellement habituels que la plupart des habitants ne sen rendaient même pas compte. Ils faisaient partie de l« air du temps » quils respiraient chaque jour, un peu comme les fumeurs, qui, habitués à inhaler lair plein de fumée, ne se rendaient pas compte de la gêne quils pouvaient causer aux non-fumeurs !
Ainsi, en était-il
- des lettres sans réponse,
- des appels téléphoniques maintes fois renouvelés où la personne demandée ne prenait pas la peine de vous rappeler,
- des rendez-vous manqués pour lesquels on ne vous présentait pas dexcuses,
- des retards chroniques à ces rendez-vous considérés comme normaux,
- des paroles et promesses non tenues, sans parler de « violences » verbales,
- dinsultes,
- de grossièretés,
- dabus de pouvoir
- et de tant dautres formes de mépris des personnes.
Les étrangers, les êtres plus faibles, les plus petits, ceux quon considérait comme « insignifiants » ou « sans intérêt », en faisaient particulièrement lobjet.

Pauvre Communication !
Elle réalisait avec consternation et douleur que ce monde navait vraiment rien de commun avec son Royaume où elle vivait si heureuse. Cette évocation la bouleversait toujours plus...

4. Vérité, sa vertueuse amie, vint à son tour à son esprit.
Au Royaume de la Vie Authentique, Vérité rappelait à chacun :
Un des signes les plus frappants des habitants du Royaume de la Vie Authentique résidait dans leur pratique de la vérité en toutes choses.
Vérité ne cessait de montrer quil ny avait pas de « petit » ou de « gros » mensonge, mais que toute hypocrisie, toute demie-vérité, toute dissimulation, toute déformation et même toute exagération de la vérité nétaient en fait que mensonge.
Chacun était appelé à ÊTRE VRAI et à parler vrai, sans se tromper soi-même ni tromper les autres.
Elle encourageait les gens à reconnaître franchement
- leurs torts,
- leurs fautes,
- leurs manquements,
- leurs erreurs,
et à demander humblement pardon sils avaient offensé ou blessé quelquun, même sils pensaient avoir raison ;
Elle les encourageait à avoir un cur honnête et droit, sans chercher à toujours se justifier par de faux raisonnements pour paraître « plus beaux » à ses propres yeux et aux yeux des autres.
Elle incitait chacun
- à enlever ses masques, ses faux-semblants,
- à cesser de vouloir paraître ce quon savait très bien ne pas être au fond de soi-même,
- à cesser de jouer « la comédie » pour être transparent et sincère ;
- à ne dire que ce que lon pensait et
- à penser toujours ce que lon disait.

Honnêteté,
Transparence,
Intégrité,
Loyauté
et leur ami, le précieux Tact,
se promenaient toujours avec Vérité.

On parlait beaucoup de vérité au royaume du mépris distingué, mais Communication lavait très rarement rencontrée.
Certains mensonges y étaient considérés comme justes et on allait même jusquà les qualifier de « pieux mensonges » !
Il en résultait que les gens navaient que pas ou peu confiance les uns dans les autres, car ils se soupçonnaient mutuellement de ne pas se dire toute la vérité. Cela rendait évidemment leurs relations particulièrement difficiles, surtout dans leurs affaires.
Certains pensaient même quon ne pouvait pas vraiment réussir en affaires et dans la vie, en pratiquant toujours la vérité ! La fraude avait même été parfois érigée en vertu appelée « débrouillardise » ou « système D » !
Ce royaume était rempli de petits malins et de tricheurs, experts dans lart de la « magouille » en tout genre. Communication nen fut pas étonnée lorsquelle apprit que le roi de ce royaume se déguisait lui-même en « ange de lumière ». Il était considéré comme le père et linventeur du mensonge. On le surnommait le « Malin » et beaucoup dhabitants le vénéraient.

Plus Communication pensait à son cher Royaume et Le comparaît au royaume du mépris distingué, plus son cur était déchiré et plus une angoisse quelle navait jamais éprouvée létreignait.
Elle se sentait mal, terriblement mal, et elle commença à être prise de nausées et de vomissements.
Mais elle voulait continuer à se souvenir encore des trois derniers Serviteurs et Amis de son Royaume...

5. Intérêt pour autrui, son cher ami, qui lavait si souvent consolée, lui revint alors à la mémoire.
Au Royaume de la Vie Authentique, Intérêt répétait à chacun :
Chacun ressentait quon sintéressait réellement à lui en tant que personne, digne dêtre reconnue comme telle, sans condition aucune.
Intérêt ne cessait dapprendre aux habitants du Royaume à regarder les autres, non au travers de leur rôle, de leur fonction ou de leur statut, mais avant tout comme des Êtres humains, infiniment précieux comme tels, quelle que soit leur place, leur rang ou leur occupation dans le Royaume.

Les amies d Intérêt :
Compassion et Bonté,
laccompagnaient presque toujours.
Au royaume du mépris distingué, Communication souffrait terriblement de constater que bien souvent, lintérêt pour les autres nétait en fait que de lintérêt pour ce que les autres pouvaient offrir et apporter.
Deux des ministres du gouvernement du royaume du mépris distingué, ne sappelaient-ils pas Égoïsme et Égocentrisme ?
Cela était particulièrement vrai dans le monde des affaires où lautre nétait vu la plupart du temps que pour lintérêt commercial ou financier quil pouvait représenter. Le slogan, non affiché ou avoué toutefois, était :






plutôt que :
en premier lieu,
par ce que vous êtes VOUS, et donc digne dintérêt ! »

Communication commençait à comprendre de plus en plus clairement le mécanisme qui en était la cause : les gens se comportaient en fonction de la vision ou perception quils avaient deux-mêmes et des autres.
Mais, cette perception venait elle même de leurs pensées inculquées depuis leur plus jeune âge par leurs familles, leurs écoles, leurs penseurs et philosophes et tout ce formidable arsenal de moyens de communication quils appelaient médias.
Ces pensées étaient comme dimmenses forteresses mentales, bâties avec des pierres de toutes sortes, appelées sciences, et derrière les murs desquelles les hommes étaient retenus prisonniers.

Communication en avait froid dans le dos :
Au royaume du mépris distingué, les gens ne communiquaient pas vraiment de personne à personne, de « cur à cur », mais avaient établi un système de communications
de « casquette à casquette » ou
de « fonction à fonction »,
de « rôle à rôle »,
de « personnage à personnage ».

Elle comprenait à présent pour quelle raison la communication, coupée de la présence vitale de la relation vraie, avait comme perdu son âme, devenant telle un désert aride sans eau, et pourquoi au royaume du mépris distingué, les marchandises, les technologies et les intérêts financiers avaient pris la première place, avant les vies humaines.
Cest ainsi que les êtres humains étaient devenus peu à peu les esclaves des technologies pourtant inouïes et merveilleuses quils avaient eux-mêmes conçues pour améliorer leur vie et les servir !
Lesclave était devenu le maître et le maître lesclave !


6. Considération, sa tendre amie, se présenta delle-même à son esprit lorsquelle pensa à Intérêt pour autrui.
Au Royaume de la Vie Authentique, Considération aimait à rappeler :
Considération, était lépouse dIntérêt pour autrui.
On les rencontrait souvent ensemble, main dans la main, accompagnés parfois de leurs enfants :
Reconnaissance,
Honneur
et Encouragement.
Chacun, dans ce Royaume, quil soit petit ou grand, ignorant ou très instruit, pauvre ou riche, quil soit Roi ou simple Serviteur, était conscient de sa grande valeur personnelle et de son importance.
On sefforçait constamment de se le faire mutuellement sentir par ses paroles et ses attitudes, cherchant toujours
à élever autrui,
à le valoriser,
à lhonorer et
à lencourager.
La valeur personnelle de chacun était indépendante de ses résultats ou performances.
On se savait unique, donc précieux et utile à tous les autres.
Cette très forte Identité, basée sur lassurance de sa Valeur personnelle en tant que créature divine, assurait la Sécurité et la Raison dêtre des habitants du Royaume de la Vie Authentique.
On y cultivait un arbre appelé « Humilitus Constantus » ou Humilité Constante, qui produisait des fruits savoureux, dont chaque habitant se nourrissait quotidiennement. Considération et son mari aimaient chanter souvent ce petit refrain quils avaient eux-mêmes composé :
Quel rude choc ce fut pour Communication lorsquelle découvrit quau royaume du mépris distingué, les apparentes formules de politesse et de salutations cachaient souvent un réel et profond mépris des autres.
Ainsi en était-il des pompeuses formules utilisées dans les lettres officielles, commerciales et administratives quelle avait pu lire :
En fait, le mépris shabillait et se camouflait souvent derrière une considération de surface, toute polie, et parfois même ne se cachait plus mais sexprimait ouvertement de mille et une manières.

Une grande dame très célèbre faisait ainsi beaucoup parler delle :
La baronne Convivialité qui, sous des dehors très aimables, cachait en fait bien souvent son indifférence envers tout un chacun.

En cherchant à mieux en saisir les raisons, Communication avait découvert que la réponse résidait dans le système de valeurs de ce royaume.
Au royaume du mépris distingué, en effet, pour « être quelquun », cest-à-dire pour être reconnu, apprécié, considéré, respecté, il fallait nécessairement faire partie du club du S.P.A., cest à dire du club du Savoir, du Pouvoir et de lAvoir.

Au milieu de ses souffrances, Communication se souvint quelle avait beaucoup ri lorsquelle avait appris que cétait par ailleurs le sigle de la S.P.A, la Société Protectrice des Animaux !
A certains moments, en effet, elle avait bien eu le sentiment de visiter un zoo plutôt quune société humaine, tellement les gens se mordaient et se dévoraient mutuellement !

Ainsi lIdentité et la Valeur personnelle de la plupart des habitants étaient construites sur :
- Leur Savoir : leurs connaissances, leur instruction, leurs diplômes et titres, leur culture, leurs expériences. On considérait ainsi davantage les « grosses têtes » que les autres...
- Leur Pouvoir : leur statut social, leur rang hiérarchique mais aussi leurs forces et exploits physiques et intellectuels ainsi que leur beauté, leur charme, leurs dons et leurs talents. On considérait davantage les gens « bien placés » et influents, ceux qui « sortaient du lot », les gens « en vue », que les petits, les misérables, les faibles, les « incapables », les « insignifiants » qui nintéressaient personne ou presque.
- Leur Avoir : leurs richesses, leurs comptes en banque, leurs revenus et propriétés. On considérait davantage les « nantis » que les pauvres.

Chacun, dans ce royaume, était en effet de plus en plus conscient que « tout passe, tout lasse et tout casse » car linsécurité y grandissait chaque jour dans de multiples domaines.
Quand des « vents violents » venaient ébranler leur « S.P.A. », les habitants réalisaient alors que leurs fondations nétaient que « du sable » et leur inquiétude augmentait. Pourtant, ils couraient toujours après le bonheur sans jamais vraiment le trouver de manière profonde et durable.

Combien de fois Communication navait-elle pas tenté de dire et même de crier aux habitants du royaume du mépris distingué quil leur fallait changer profondément leurs pensées, leur mentalité, leurs attitudes et leur système de valeurs, pour que changent aussi leurs comportements et quils deviennent chacun une source de bien-être pour les autres.
Mais ils navaient jamais le temps de lécouter, car ils étaient occupés par une foule de choses tellement plus importantes et urgentes !
Elle décida décrire alors ce quelle voulait leur enseigner...

Cest alors que Communication fut saisie dune forte fièvre et de violents maux de tête, et tandis quelle était seule dans sa chambre, elle sombra dans une demie-inconscience.


7. Empathie, enfin, sa touchante amie, lui revint alors à la mémoire.
Au Royaume de la Vie Authentique, Empathie rappelait sans cesse à chacun la règle dor du royaume :
« Ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous,
faites-le vous aussi de même pour eux ! »
« Mettez-vous à la place des autres »,
disait et redisait chaque jour,
Empathie.
Chacun cultivait cette disposition intérieure de cur qui consistait à toujours chercher à voir avec les yeux dautrui et entendre avec ses oreilles, cest-à-dire à « quitter ses propres souliers » pour chausser ceux de lautre.
Elle expliquait que chacun avait grandi et évolué dans un certain cadre qui lui servait plus ou moins inconsciemment de référence, cadre personnel, familial, scolaire, professionnel, social, avec une certaine culture, certaines traditions, certains principes, et que, pour bien communiquer, il fallait nécessairement faire leffort de « sortir » de son propre cadre pour « entrer » dans le cadre dautrui et le comprendre.
Cet effort coûtait bien sûr, comme tout effort, et supposait de faire a priori suffisamment CONFIANCE à autrui pour souvrir à lui.

Empathie et Écoute marchaient souvent ensemble, dialoguant avec une grande joie quelles faisaient partager aux habitants du Royaume.
Mais, au royaume du mépris distingué, Communication avait souvent constaté avec chagrin que chacun « campait » sur ses positions, nen démordait pas, mais par contre, demandait à lautre den changer.
On y était passé maître dans lart de la manipulation que lon qualifiait bien souvent de « communication » !
Et cest justement parce quon cherchait peu à se mettre vraiment à la place des autres, quon les écoutait si peu et si mal, et quil y avait tant de malentendus, de discordes, de querelles, et si peu de véritables dialogues.

La fièvre dont souffrait Communication monta fortement et son état devint alarmant.
Elle saffaiblit dheure en heure et dut rester alitée jour et nuit.
Elle parvenait à peine à communiquer !
On lui envoya alors les plus éminents médecins du royaume qui se succédèrent à son chevet pour lausculter, parmi lesquels les très célèbres professeurs
A.T. (Analyse Transactionnelle), spécialiste en communication, et
P.N.L. (Programmation NeuroLinguistique), également spécialiste en communication,
qui y perdirent leur savoir et avouèrent, non sans mal, après quelques conseils infructueux, leur incompréhension du mal dont souffrait la princesse et donc leur incapacité pour la guérir.
Tout au plus observa-t-on à leur contact une très légère amélioration qui, hélas, ne dura guère. Communication tomba alors dans un coma profond, juste après avoir balbutié avec ses dernières forces :
« Relation, Relation, au secours ! »
Quelques heures plus tard, la tragique nouvelle se répandit alors au royaume du mépris distingué :
« Communication est morte ! »
Ce titre fit la une des journaux qui ajoutèrent des commentaires tels que :
« La princesse Communication, en voyage dans notre royaume, na pu résister au climat difficile et rude que nous connaissons et en est morte. »
Nombreux furent les habitants du royaume du mépris distingué qui voulurent voir une dernière fois la dépouille mortelle de la princesse car, bien que ne la connaissant que fort peu, ils avaient été touchés par sa beauté, sa douceur, sa gentillesse, son authenticité et sa pureté.
Et, cest ainsi quune délégation composée de quelques amis de Communication, ramena son corps au Royaume de la Vie Authentique.

Toute la population avait été informée du décès de la princesse et on entendait dans tout le Royaume des cris, des lamentations et des pleurs.
Seul le Roi gardait le silence avec dignité comme sil sattendait à ce que quelque chose se passe...
Relation demanda à rester seule avec sa sur dans la chambre où on lavait mise.

De grosses larmes inondaient son beau visage, tandis quelle déposa sur le front de sa sur un baiser plein daffection, lui caressa les cheveux et prit ses mains dans les siennes, en sécriant :
Javais le pressentiment que cela ne serait pas bon pour toi...
Si seulement javais imaginé que tu en perdrais la vie, jamais je ne taurais laissée partir... »
Elle éclata en sanglots déchirants...
Il lui sembla alors entendre comme un faible murmure qui sortait de la bouche de Communication. Elle se frotta les yeux, pensant quelle délirait et devenait folle, mais non, cétait bien réel !

Communication remua ses lèvres doù séchappèrent ces faibles mots :
Peu à peu, son visage se colora, ses yeux sentrouvrirent, un faible sourire apparut sur sa bouche et la vie revint dans tout son corps.
Relation sécria, folle de joie :
Communication se releva tout doucement de son lit et les deux surs se jetèrent dans les bras lune de lautre, riant et pleurant à la fois, ne pouvant contenir leur indicible joie.
Mais celle-ci ne faisait que répéter :
En entendant tout ce bruit, le Roi entra dans la chambre et serra dans ses bras avec lémotion que lon devine sa fille chérie.

Et, cest ainsi que tout le peuple du Royaume de la Vie Authentique vit avec stupéfaction sortir sur le perron du palais les deux surs Relation et Communication, se tenant par la main, plus radieuses et heureuses que jamais, aux côtés du Roi leur père.

Chacun vint avec émotion embrasser la jeune princesse, en particulier ses Amis et fidèles Serviteurs :
Sourire,
Écoute,
Respect,
Vérité,
Intérêt pour autrui,
Considération,
Empathie
et leurs compagnons et compagnes qui ne pouvaient contenir leur bonheur.
Les habitants du royaume du mépris distingué qui avaient accompagné le corps de la princesse furent vivement touchés par la scène qui se déroulait sous leurs propres yeux et par laccueil sincère et chaleureux qui leur fut réservé par la population du Royaume de la Vie Authentique, comme sils étaient des amis de longue date.
Ils décidèrent de demeurer à jamais dans ce merveilleux Royaume et ramenèrent avec eux quelques-uns des prodigieux outils de communication quils utilisaient auparavant mais quils mirent désormais au service de relations humaines authentiques.
Leurs familles et de nombreux amis les y rejoignirent bientôt apprenant tout ce qui sétait passé. Car il y avait beaucoup de place au Royaume de la Vie Authentique, et tous ceux qui aimaient et recherchaient sincèrement la véritable justice pouvaient librement y entrer, à une seule condition toutefois : ils ne pouvaient garder leurs anciens vêtements de propre justice, ceux quils portaient au royaume du mépris distingué, mais devaient nécessairement revêtir les habits de justice que, seul, le Roi de la Vie Authentique, leur donnait gratuitement.
Puis, une fois revêtus de ces Vêtements de Justice, ils devaient apprendre jour après jour à mettre en pratique de nouvelles attitudes et de nouveaux comportements de Service pour une nouvelle et véritable communication !









Relation Véritable
et
Communication Véritable

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COMM'ETHIQUE

