L'approche de la mort





La mort est le dernier acte du vivre !




Elisabeth KÜBLER-ROSSa étudié l'approche psychologique du malade à la fin de sa vie.

Médecin suisse, arrivée aux USA en 1970, elle parle mal la langue et se met à l'écoute de ses malades schizophrènes et constate que cette écoute améliore grandement leur état.

Cinq ans plus tard, des étudiants en théologie viennent lui demander son aide pour étudier la crise la plus importante de la vie humaine qu'est la mort. Ils décidèrent ensemble que la meilleure approche pour aborder ce thème serait d'entendre les mourants eux-mêmes en parler.





La grande originalité de la démarche d'Elisabeth KÜBLER-ROSS a été de

prendre le mourant comme un sujet et non plus comme un objet. !


Son livre « Les derniers instants de la vie » permet de comprendre et de décoder les sentiments et les attitudes des personnes qui atteignent ou qui approchent du terme de leur vie et que nous côtoyons...

Ce livre a eu le mérite de montrer ce qui se passait dans la tête et le cœur des personnes affrontant la mort, souvent dans la solitude, car les conditions dans lesquelles sont vécus (ou étaient vécus) dans notre société ces moments, créaient des muselières pour les mourants et des œillères pour l'entourage...






Les principaux stades du mourir



Ce sont des comportements et des ressentis - que l'on peut rencontrer chez le mourant, qu'il est important
- de reconnaître,
- de connaître,
- de savoir décoder,
- de savoir entendre,
- de savoir respecter...
mais avec
-  des variantes,
- avancées ou reculs,
- ambivalences...
selon que les mourants pourront faire face à l'angoisse provoquée par
- l'évolution de leur état,
- leurs mécanismes de défense,
- leur personnalité,
- mais aussi le soutien qu'ils auront trouvé autour d'eux  !




1. L'état de choc : mis brusquement face à la proximité de la mort, c'est la première prise de conscience.


2. Le déni : « Non, ce n'est pas possible ! » qui nous amène à toute l'ambigüité autour du problème du « dire la vérité ».
Cette négation peut apparaître, puis disparaître pour revenir en période d'aggravation ou de fin de vie.
C'est un mécanisme inconscient qui protége contre l'angoisse et qu'il est peut-être important de respecter pour ne pas casser les défenses du malade.


3. La révolte et l'agressivité : « Pourquoi Moi ? Ce n'est pas juste ! »
C'est une période difficile à vivre et à entendre pour l'entourage. Ceci s'accompagne d'attitudes obsessionnelles, souvent agressives qui sont des mécanismes de défense pour faire face à l'angoisse et continuer à se battre.



4. La dépression : qui est la dépression de réaction, tristesse à l'égard de tous les deuils à faire, toutes les pertes à assumer
- pertes corporelles,
- pertes affectives,
- perte de l'image de soi,
- perte de l'image sociale,
- pertes matérielles...

C'est le moment de faire face à sa finitude, à sa propre mortalité : cette tristesse est absolument normale et on ne peut pas en faire l'économie. Mais elle demande à être entendue et écoutée !



5. Le marchandage : c'est une façon de faire face à ce qui vous arrive et, à travers cette prise de conscience, de se tourner vers la vie.

Le marchandage prend un aspect très mobilisateur de vie et d'espoir. La personne reste vivante à part entière et essaye de se mettre en état de projet.

Il faut noter le marchandage et son côté « magique » avec la reprise d'un rituel religieux qui permettra peut-être d'échapper à la mort, mais ce n'est pas vraiment une démarche religieuse.



6. L'acceptation, qui n'est pas la résignation, mais un temps de lucidité et même d'espérance, une sorte de ligne de crête ou la mort et la vie sont en balance.

E. KÜBLER a souligné la capacité du mourant, même comateux, à recevoir nos paroles, à recevoir nos caresses.







Les besoins et attentes du  « vivant-mourant »



Les besoins du mourant peuvent se globaliser en une seule expression : le besoin  de présence !


- Présence à tous les sentiments qui l'agitent, dans une écoute proche et réelle sans jugement ; car pouvoir exprimer ses sentiments dans un état de crise aide à mieux en prendre conscience, à mieux les gérer, les accepter, donc mieux vivre sa situation, progresser...


- Présence au corps quand la parole se fait difficile.
La tendresse, le toucher, la caresse, le contact physique permettent de répondre à la quête du mourant.
Présence au corps dans tous les soins pour pour apporter le confort physique et le soulagement à sa douleur  pour rester en relation avec son entourage...


- Présence à la personne entière avec ses besoins d'

être reconnue dans son identité de vivant - même dans le coma -  son droit à l'information ;

être reconnue dans sa capacité à donner quelque chose de sa personne à son entourage
, son avis et choix pour les décisions  la concernant...







Le mourant, jusqu'à son dernier souffle est un être de désir qui a besoin également de trouver, jour après jour, du plaisir à vivre et même des projets à court et long terme.


Les besoins affectifs sont extrêment intenses et demandent une présence réelle des objets d'amour et beaucoup de tendresse.


Les besoins spirituels du mourant prennent une place particulière, car à l'approche de la la mort, la personne jette un regard sur sa vie, a besoin
- de lui trouver un sens,
- de se réconcilier avec elle-même et de faire par là, de la fin de sa vie, une phase de sa maturation humaine.








Parler du spirituel, c'est parler du sens de la vie.

Cela veut dire que tout être, croyant ou non, cherche un sens sur sa vie, qu'il soit riche, jeune ou vieux...

Pour celui qui va mourir, particulièrement chez le sujet âgé, cette recherche du sens de la vie est très importante. C'est l'heure des bilans, des tris...

C'est le moment du besoin de réparation, de réconciliation avec les autres et avec soi-même...  Certains souhaitent transmettre un message à leur descendants, donner un sens à leur mort...

Si l'on ne tient pas compte de ces derniers désirs : bilan, réconciliations apaisantes pour celui qui meurt et pour ceux qui survivent, on comprend ce que peut vouloir dire l'expression « voler la mort ».




La vieillesse  n'est pas une maladie

(au sens pathologique du terme) et

la Vieillesse est toujours capable 

de gérer son quotidien selon son choix !





Ce site   « HONORE TON PÈRE ET TA MÈRE... »  participe  au  MINISTÈRE  DE  L' ALLIANCE




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