Accueillir et accompagner...



 



Vouloir faire de la gériatrie ou de la gérontologie en évacuant la psychiatrie ou la psychologie, c'est comme vouloir faire de la chirurgie en ne connaissant pas les règles de l'asepsie !


Lorsque dans une institution, on soigne, c'est-à-dire on applique des soins médicaux (et curatifs) à une personne âgée, on ne soigne qu'un aspect du problème.
On passe à côté de la moitié du problème, à savoir la situation de crise que sa maladie et sa mort possible suscitent
- dans son environnement,
- dans son entourage,
- dans son milieu naturel,
- dans sa famille.


C'est cette crise-là qu'il faut savoir
- reconnaître,
- respecter et
- prendre en charge
parce que si nous la mettons à la porte, elle reviendra par tous les interstices et les masques, y compris les plus agressifs...



Tous les soignants, et spécialement l'encadrement des maisons de retraite, sont confrontés à l'ignorance ou au déni de ces situations de crise.




 

Cette situation de crise est unique pour chaque personne hébergée et soignée...

Le problème à résoudre est donc celui d'une dynamique familiale...

Autant de résidents, autant de familles...



Les proches de la personne âgée ont besoin

- d'un accueil,
- d'une écoute,
- d'une reconnaissance de sa souffrance
par ceux qui s'occupent de son parent.



Les limites de cette action est le statut professionnel des soignants et il ne leur est pas demandé d'aller au delà de cet accueil, de cette écoute, de cette reconnaissance...

Au delà, ce serait faire face à une prise en charge relationnelle, avec tout ce que cela implique de formation au soutien psychothérapique, à la fois des personnes et des groupes.







1. Cage dorée ou liberté ?




La concentration
- de personnes âgées déficientes physiques et mentales et
- de personnes dépourvues d'entourage familial disponible 

est très importante dans les Établissements gériatriques.



Les enquêtes effectuées pour connaître les souhaits de personnes âgées quant à leur lieu de vie montrent qu'elles désirent, dans leur écrasante majorité, demeurer chez elles, dans leur propre domicile le plus longtemps possible.


Ce désir de rester chez soi implique des exigences nouvelles pour les établissement d'accueil de manière à en faire de véritables « Chez soi » où les résidents investiront leur domicile en y trouvant à la fois
- le côté privé et intime et
- la vie sociale et  sécurité des structures collectives.



Mais la qualité de la vie dépend impérativement
- de la manière
dont la vie quotidienne est organisée et
- de l'image qu'elle donne aux usagers, à leurs familiers, et à l'environnement social.


Les maîtres-mots dans ce domaine sont :

liberté, dignité, protection, stimulation



La vigilance est nécessaire pour intégrer les personnes hébergées à l'ensemble de la vie sociale, sans quoi les Institutions risquent de répéter de douloureuses situations de clivage entre les secteurs dits  de « valides » et les secteurs de « dépendants ».

Il existe entre ces deux secteurs une coupure géographique tranchée et une imperméabilité, alors que le passage vers la dépendance est plus ou moins progressif, voire insensible.

Mais les effets insidieux de la sectorisation des personnes les plus dépendantes semblent le plus souvent méconnus, voire insoupçonnés par la plupart des personnels administratifs et médicaux.


Dans de nombreux cas, le personnel soignant a témoigné de l'angoisse des personnes lors de leur transfert en secteur d'invalides suivi de la brusque détérioration mentale, où se cumulent
- la confusion mentale liée au transfert
et
- la dépression réactionnelle
(état anxieux lié au stress d'un environnement de grands dépendants pouvant évoquer pour eux un spectacle concentrationnaire ou carcéral).



 



Les soignants (terme général et générique pour ceux qui prennent « soin » de la personne âgée)
- doivent accepter le concept de territorialité
et
- le respecter

en expliquant toujours le sens de leur intervention, pour améliorer sans cesse la qualité de leurs relations humaines.





  • Les Maisons de Retraite semblent parfois être bien des lieux où personne n'envisage qu'il soit indispensable de pouvoir sortir en promenade, - même et surtout - pour les personnes en situation de handicap, vers les lieux de la cité que l'on a apprécié toute sa vie pour leur calme, leur beauté et leur animation.


  • Quelles sont les possibilités réelles des personnes âgées de maintenir des échanges sociaux, c'est-à-dire se situer en dehors d'une relation d'aide unilatérale qui les désigne trop souvent comme des « objets de soins » ?


  • Quelle est la capacité de notre société, par son attitude et ses choix, à freiner les processus ségrégatifs spontanés qu'une combinaison de facteurs sociologiques, démographiques et économiques rendent menaçants pour la vieillesse, surtout lorsque survient la déficience ?

Les Institutions offrent-elles

des réponses appropriées ??







2. Concordance  entre «offre et demande »




Il existe un certain nombre de critères de qualité de vie en Institution, à l'aune desquels il est possible d'apprécier la qualité de l'accueil en établissement gériatrique.



1. La qualité hôtelière


Il s'agit d'une dimension à laquelle les usagers et leurs familles sont et seront de plus en plus sensibles, et dont l'impact retentit sur l'image de l'établissement.

La qualité de l'alimentation revêt aussi beaucoup d'importance pour les Résidents.



2. La taille de l'établissement, son architecture adaptée avec confort sanitaire et choix de chambres...

simples ou doubles...
Les établissements de petites tailles permettent une plus grande proximité de l'accueil et privilégient l'humanité des prestations.




3. L'existence de la préparation à l'entrée dans l'institution et la qualité de l'accompagnement humain


Le caractère chaleureux de la vie de l'établissement est une dimension difficile à définir et à apprécier, mais elle prime souvent sur des aspects matériels plus objectifs.

La préparation à l'entrée (rencontre de la personne à son domicile pour connaître son projet de vie, ses attentes, pour l'informer de ce que la vie en Institution lui offre, invitation à participer à des repas, animations... avant son entrée définitive ) constitue un critère certain de qualité.



4. La possibilité d'expression et des modalités d'associations des personnes et de leur famille


L'existence d'un conseil d'Établissement vivant, de lieux d'écoute et de rencontre, atteste la prise en compte de la parole des personnes...



5. La souplesse de fonctionnement interne de l'établissement


Vouloir préserver une vie personnelle indépendante dans ses aspects matériels (meubles personnels, rangement fermé...) et ses rythmes, habitudes, intimité de la chambre, courrier, téléphone...

Les contraintes de la vie collective sont alors minimisées.



6. L'ouverture sur l'extérieur et la possibilité de maintien d'une vie sociale indépendante


La bonne insertion de l'établissement dans son environnement dépend
- de sa localisation géographique,
- de l'aménagement de ses abords,
- des possibilités de communication avec le village, le bourg ou la ville.



7. L'organisation de la fonction soignante au sein de l'établissement et la formation du personnel


La bonne articulation entre la prestation hôtelière et la prise en charge soignante, au sein d'une même équipe est un facteur de qualité.

De même, la qualification du personnel est l'assurance d'une intervention adaptée auprès des personnes âgées et dépendantes.

Cela sous-tend une continuité de la relation entre le personnel et les personnes aidées, donc une rotation réduite de ce personnel (bonnes conditions de travail, motivation, projets divers et d'établissement... qui limiteront l'absentéisme.)








3.  « L'animation », l'affaire de tous




Nouveau credo des établissements pour personnes âgées, l'animation est encore mal définie et se heurte à de nombreux blocages.



Le psychanalyste Jack MESSY souligne que nous avons des gens âgées une image commune ! Or il ne sont pas identiques les uns aux autres.

Notre peur de la mort fait qu'on les désigne comme étant une catégorie sociale : les personnes âgées, et non comme un individu, c'est-à-dire, un vieux ou une vieille.

Il faut partir du postulat  : le vieux, c'est l'autre, le vieux, c'est moi...

Le personnel qui travaille dans les institutions est toujours animé d'une sincère générosité et d'une bonne volonté, mais il a tendance à considérer le vieux comme un objet et non comme un sujet.

Alors, comment être à l'écoute d'une parole quasiment étrangère ?



La fonction essentielle de toute animation réside dans la nécessité de faire dévier de la personne âgée de ses tendances égocentriques qui polarisent tout son intérêt sur son corps, ses maladies, ses médicaments... tendances d'autant plus prononcées qu'elle se sent seule.



Le placement dans un établissement est souvent vécu par la personne âgée comme une exclusion du groupe familial ou amical et rares sont les pensionnaires qui choisissent le lieu où ils vont aller ; du coup, rares sont ceux qui se sentent libres de leurs et gestes !

Non reconnue comme adulte à part entière, isolée, perturbée par son nouvel environnement, infantilisée, la personne âgée a tendance à se réfugier dans les besoins primaires.

Elle renonce... voire régresse ! Alors, à quoi donc répondre, si la personne âgée n'exprime rien d'autre qu'un désir de mort ?

Comment repérer, si ce n'est par l'écoute et la considération, ce petit quelque chose qui montrerait, contrairement à ce que l'on croit, que les vieux ont encore une attente ?


Quelqu'un l'a dit : on veut des lieux de vie, pas des lieux de vie-ux !


L'animation, c'est d'abord écouter, parler, communiquer !







C'est donc une notion de qualité de relations qui s'établissent avec l'entourage soignant et les personnes âgées elles-mêmes.


Or, pour occulter la souffrance des vieux (et en miroir, celle des soignants) le personnel a tendance à fournir une réponse activiste du style :
« Allez... Mémé, faites un effort !»
ou bien le personnel va chercher les résidents dans leur chambres pour les faire participer à la fête...

Ce n'est pas non plus le pain et le couvert qui font un repas convivial !


Occuper ou distraire à tous prix, c'est-à-dire, l'animation directive, peut donner une apparente bonne conscience (?) au personnel administratif, mais certainement pas à ceux qui approchent quotidiennement les personnes âgées...

Il faut que l'Institution soit au service de ses  « résidants »

et non comme c'est trop souvent le cas,

 au service d'elle-même et de ses salariés.


Toute démarche d'animation qui évacuerait ces données serait vouée à l'échec.


L'animation, plus que des techniques, est  un état d'esprit.








L'animation, c'est avant tout un projet global de l'établissement qui exige
- une démarche,
- une réflexion et
- une prise de conscience
de tous, du personnel le moins qualifié à la direction, en passant par la personne âgée elle-même.


Nombreux sont les projets de vie qui n'aboutissent pas, et pour cause, car ils touchent le cœur même des la vie institutionnelle, transforment le fonctionnement quotidien des établissements et le rôle de chacun !

Toute organisation est porteuse de valeurs et d'héritage : c'est le premier obstacle !

Les maisons de personnes âgées sont héritières des traditions hospitalières :
on soigne et on traite !

Mais ce qu'attendent les résidents, c'est tout le reste !!!



La logique « hygiéniste »
se base sur un idéal de bonne santé et de propreté, la toilette est l'enjeu majeur de l'équipe infirmière-aide-soignante.

Cette logique hygiéniste s'affronte à celle d'animation de la direction du même établissement, basée, elle sur un idéal d'ouverture et de satisfaction des résidents et de leur famille.


Il serait souhaitable de passer

 d'une culture où l'on tend à imposer,

à une culture où l'on tend à négocier...








Pourquoi contraindre ces vieux paysans à un bain hebdomadaire alors qu'il n'ont connu toute leur vie que la cuvette émaillée et l'eau de la fontaine... ?

Pourquoi obliger cette vieille femme à mettre un "slip" elle qui n'a jamais porté de dessous... ?

À ces blocages culturels s'ajoutent la lourdeur bureaucratique et les impératifs de gestion de tout établissement : un acte infirmier, cela se quantifie, une relation... non !






Pour faire évoluer le système et les mentalités, il y a une nécessité : l'obligation de qualification du personnel.

Les établissements qui offrent la meilleure qualité de vie sont ceux qui consacrent 5% de leur budget à la formation.

Mais faut-il réserver un poste à l'animation ??
Ne commence-t-elle pas chaque matin et dès le matin, avec la manière dont on entre dans une chambre ?


L'animation doit être basée

 sur les actes de la vie quotidienne.






Chaque geste de la vie, chaque situation de la journée est lieu et prétexte d'animation.

- Donner une âme à l'institution,
- en faire un lieu ouvert pour recevoir les familles de résidents,
- initier des ateliers, dirigés à tour de rôle par un agent de l'équipe soignante ou hôtelière, et ainsi
- redonner une identité aux pensionnaires,
est entièrement fondé sur la qualité relationnelle mise en place dans l'institution.



Le plus difficile, c'est vaincre l'immobilisme des traditions de  travail dans l'institution :
- ON a toujours fait comme cela !
- ON n'a pas le temps...
- ON  ne peut pas faire cela car il n'y a pas assez de personnel.
- ça ne marchera, faut pas rêver !!

Pourtant le personnel sera valorisé et on notera pour les « petits vieux » une amélioration du comportement physique et psychologique.



« - De l'organisation,
- de la formation,
- de l'information,
- des moyens financiers,
- une coopération plus active des divers intervenants,
nous n'aurons jamais fini, heureusement de mieux prendre soin des plus anciens !

Si cette obligation a été inscrite dans le Décalogue - alors qu'il n'est point parlé des devoirs envers les enfants - n'est-ce pas qu'il s'agit d'une exigence de civilisés, ce qui nous sépare de la pure animalité et que c'est pour cela que c'est difficile, que c'est toujours à recommencer et que c'est à cela que l'on juge peut-être une société ?? »

Geneviève LAROQUE


L'animation n'est pas un assistanat de loisirs, encore moins un activisme qui occulte la vie.

Animer une maison de personnes âgées, c'est la faire vivre !



L'animation, c'est se donner les moyens et les outils de développer une éthique au sein de l'établissement, une loi fondamentale qui va régir la vie en institution et imbiber tout le projet de vie.










4. Le contexte institutionnel de la fin de vie






1. Le déni de mort


Au début du XXième siècle, de nouveaux comportements face à la mort et aux avatars de l'âge vont apparaître :

- des aspirations au confort,
- des nouvelles normes d'hygiène de vie,
- l'exacerbation de l'individualisme
- le bouleversement des structures familiales,
- les progrès de la médecine et ses conséquences sur la longévité,
- la technicité des soins...

Tout ce ci va contribuer à modifier le système de valeurs et nos représentations face à la mort et la fin de vie.


Les progrès radicaux de la médecine, à partir de la seconde guerre mondiale, contribuent au mouvement d'exclusion de la mort !

Au niveau collectif, se développent des sentiments
- de toute-puissance,
- de possibilité de contrôle et
- d'invulnérabilité.

La mort n'a plus de place dans la course vers la réalisation personnelle, au sein d'une société basée sur la consommation et la production.


Dans cette dynamique, celui qui ne peut plus se situer dans la norme fonctionnelle est marginalisé ; la mort et la maladie sont escamotées, niées.










L'institution (hôpital) devient le lieu pour reléguer le mourant, le vieux devenu trop lourd pour son environnement...

L'institution hospitalière - et ses satellites - est paradoxalement, à la fois :

- le lieu du soin : on demande à l'hôpital et à la médecine d'être un rempart efficace contre l'angoisse de mort.

- le lieu de la mort : la mort est à partir de là, médicalisée, aseptisée, déniée...




« Notre culture occidentale prive l'homme de la conscience de sa finitude, lui refuse son agonie, frappe la mort d'un tabou et va nier jusqu'à l'existence de la mort ! »
Chantal COUVREUR







La négation de la mort culmine avec l'acharnement thérapeutique.

Cependant l'attribution d'une valeur négative à la qualité de vie d'une personne âgée entraîne (ou justifie trop souvent) le désinvestissement
- affectif,
- financier,
- organisationnel ou
- technique
de l'équipe soignante,
de la famille ou
de la société dans son ensemble.



L'absence d'une persistance soutenue à considérer l'autre jusqu'au bout comme une personne fait peser une menace bien plus lourde sur la personne âgée que le spectre de l'acharnement thérapeutique, systématiquement dénoncé par tous.



 





2. Le temps de crise : les derniers soins



Lorsqu'un patient est long à mourir, il se développe autour de lui une atmosphère de crise qui s'achèvera, sans pour autant être résolue par la mort de ceui-ci.

L'ambivalence de l'intéressé - qui ne semble pouvoir ni vivre, ni mourir, se retrouvera projetée sur les témoins de son agonie, qui pourront servir de « caisse de résonnance » à son drame intime.


L'expression de leurs perceptions contradictoires réactivera les discordes, aboutissant à une véritable mise en scène de la lutte interne (littéralement agonie) du sujet.
Dr F. PRIMEAU




Cette crise met en lumière les lignes de clivages préexistantes  :

prescripteur - exécutant,

famille - institution



Deux ordres d'attitudes apparaissent :

- l'une est centrée sur le mourant avec le fol espoir d'évacuer le problème en évacuant au plus vite l'intéressé : c'est le désir de baisser les bras...

-l'autre attitude consistera à déplacer l'attention et spécialement l'agressivité des soignants et des familles, pour les centrer sur le médecin-prescripteur, l'institution...
« Voyez dans quel état, ils l'ont mis... »
Combien se développe dans l'opinion, l'illusion que seuls les actes du prescripteur conditionnent que le malade reste en vie ou non !


Ainsi, l'établissement sera l'espace transitionnel où des gens ambivalents, les soignants, vont avoir à prendre en charge l'ambivalence d'autrui, le vieillard, la famille, les soignants collègues, en plus de la leur !

S'il nous est possible de voir l'ambivalence d'autrui, il nous est très difficile de percevoir et mentaliser la nôtre et de voir où se niche notre violence et notre agressivité.



En présence d'un patient marqué par le sceau de la mort, tous les intervenants sont accrochés à des défenses très archaïques.







L'institution sera aussi très facilement le lieu  :

- de la pensée magique (tout puissance médicale) mais aussi

- de la sur-désignation des rôles fixés une fois pour toutes (le confus, le dément, le mourant...)

- de la réification où la personne ne maitrise plus rien des choix qui la concerne,

- de la dépossession où plus rien ne peut être garanti : ni horaire, ni type de réponse, ni même de conserver son lit ou sa chambre,

- des fantasmes persécutoires où l'on se croit en sécurité si on a l'heur de plaire et en danger si on a le sentiment de déplaire,

- le lieu, où plus que partout ailleurs, la personne âgée se trouvera démunie à l'extrême, n'ayant plus que les symptômes à offrir au négoce relationnel !



Aussi, de dépossession en dépossession, rien n'est plus malaisé que de tenter de restituer leur mort à nos résidents, ou tout au moins ne pas les en déposséder intégralement.  Pr PLOTON









5. Le projet d'établissement




1. Les relations sociales



Trois catégories de relations sociales sont à prendre en compte dans la Maison de Retraite.

a. les relations de groupes qui s'expriment dans la participation à des activités communes dans des locaux prévus à cet effet (salle à manger, salon, ergothérapie, jeux de boules...)

b. les relations de voisinage, encouragées par l'insertion d'espaces de rencontres à proximité des chambres, mais aussi par une attention particulière lors de l'admission dans l'établissement et lors de l'accueil fait collectivement au nouvel entrant (information spécifique aux voisins avant l'arrivée, comité d'accueil de résidents, présentations...)

c. le spectacle de la vie de l'établissement concerne la quasi totalité des pensionnaires. La plupart des personnes âgées demeurent inactives tout au long de la journée et se plaisent à participer par le regard au mouvement des autres.


Chaque bruit qu'elles entendent les maintiennent en éveil, les distrait et leur permet de participer, elles aussi, à l'activité en interpelant leur voisin ou le personnel.

À cet effet, le couloir doit perdre sa seule fonction de circulation, pour acquérir une dimension supérieure, celle de la vie de l'institution entière, rythmée par l'heure des repas, des soins, d'une horloge... qui sont autant de repères dans le temps qui passe.

La vison d'un espace commun où déambule le personnel, le bruit des voix et des pas dans l'établissement, tous ces facteurs incitent les personnes âgées à sortir de leur isolement.
Les empêcher de s'isoler et s'efforcer de les tenir en éveil le plus longtemps possible permet d'améliorer considérablement leur fin de vie.





2. L'accueil



Ces dernière décennies, une évolution considérable a été constatée
- dans le comportement du personnel, surtout au profit des personnes résidantes très dépendantes,
- et dans une prise de conscience de la nécessité de motiver ces mêmes résidents.

Des travaux ont démontré la nécessité d'améliorer les conditions d'accueil.

Les contenus des contrats de résidence, établis dès l'entrée entre les résidents et le gestionnaire, est révélateur des relations instaurées. Trop souvent, ces contrats sont incomplets ou manquent de clarté : l'existence d'un Conseil d'Établissement n'est souvent pas mentionné, alors que, dans tous les établissements médico-sociaux, usagers, famille et personnels doivent être légalement associés au fonctionnement de la maison, par l'intermédiaire de ces conseils.

L'importance d'un contrat clairement défini, touche au respect de la dignité de la personne âgée. C'est le point d'orgue d'une approche plus humaine des conditions de vie.



L'obsolescence de nombreux établissements pour personnes âgées rend nécéssaires d'importantes mutations.

L'instauration de nouvelles relations entre résidents et professionnels s'impose parallèlement.

Une approche différente des conditions d'accueil, dès l'entrée et même avant l'entrée,doit s'inscrire dans une réflexion sur l'humanisation globale et concertée qui aboutira au projet de vie.





La vie à l'intérieur de l'Établissement est tout d'abord celle des résidents, ensuite (et seulement ensuite) celle du personnel !

Pour chacune de ces catégories, l'aménagement de l'espace vital doit tendre vers des objectifs définis.
- Pour les pensionnaires, l'espace doit contribuer à pallier leurs handicaps et répondre à leurs besoins.
- Pour le personnel, il doit essentiellement encourager et faciliter le travail.


Rendre l'établissement plus accueillant, c'est offrir un cadre de vie qui permette de

- conserver en même temps
un certain isolement,
une intimité, et
- de participer à la vie sociale malgré les limites physiques et intellectuelles.


L'hétérogénéité et la diversité des origines des résidents rend d'autant plus nécessaire le besoin d'intimité de chacun : pouvoir se retrouver seul dans un espace protégé pour se faire soigner, se reposer ou simplement s'isoler des autres.



Il faut donc que l'espace intime, celui où le résident va passer le plus de temps, puisse être investi, personnalisé par les meubles, bibelots, souvenirs...

Le logement, la chambre ou l'espace personnel (à l'intérieur d'une chambre double) doit pouvoir être fermé à clef : c'est à cette condition que le lieu de vie peut être adopté comme une réel « chez soi », le dernier domicile...








3. Faire connaître et vivre le projet social de vie


Avoir un projet social - qui se traduise dans la pratique quotidienne, est le facteur clé de succès de la qualité de vie d'une institution et de satisfaction de tous ceux qui y vivent ou y travaillent.


Ce projet doit être largement connu : il fait partie de l'image de marque de l'Établissement.



1. Respecter le désir de vivre et de mourir chez soi, des personnes âgées

Vive seule ou avec la personne de son choix
Pouvoir garder son animal familier
Être dans ses meubles ou organiser son décor
Pouvoir décider de l'accès à son logement (chambre ou placard)
Être soigné chez soi
Pouvoir mourir chez soi
Pouvoir changer de domicile



2. Privilégier l'autonomie des personnes âgées


Garder leurs habitudes et respecter leur mode de vie
Les reconnaître dans leur culture et les encourager à s'y exprimer
Les aider à garder ou retrouver un rôle social valorisant
Les informer et les faire participer aux décisions collectives



3. Leur apporter la sécurité et respecter leurs libertés


Prévenir les accidents
Donner la possibilité d'être toujours secouru
Prévoir les types d'intervenants
Les mettre à l'abri d'intrusions
Mettre leur bien en sécurité mais leur laisser la liberté d'en disposer




4. Favoriser le maintien et le développement de leurs capacités



Pouvoir continuer à faire ce qu'elles ont toujours fait
Trouver une aide adaptée pour ce qu'elles ne peuvent plus faire seules
Donner la possibilité de développer de nouvelles capacités





5. Faciliter la vie sociale


Les laisser choisir leurs affinités et leurs niveaux de sociabilité
Donner la possibilité de participer à des actions collectives
Encourager la participation à la vie de la cité




6. L'aide aux aidants


Les intervenants font faire vivre le projet social
La souplesse et l'adaptabilité de l'organisation
La formation de tous les intervenants
Le soutien des intervenants



Le projet social ne concerne pas seulement les résidents mais tout l'entourage des résidents, c'est-à-dire le personnel, les familles, les bénévoles...







La vieillesse  n'est pas une maladie

(au sens pathologique du terme) et

la Vieillesse est toujours capable 

de gérer son quotidien selon son choix !







Deborah-Esther LIEBER


Ce site   « HONORE TON PÈRE ET TA MÈRE... »  participe  au  MINISTÈRE  DE  L' ALLIANCE




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